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Ne pleure pas

「絶対泣かない」(zettai nakanai),” surtout, ne pleure pas”.

Ce sont les directives donnés aux équipes médicales envoyées dans les centres d’évacuation de la zone sinistrée après la catastrophe du 11 mars 2011.

Une jeune infirmière Tokyoïte raconte sur son blog son expérience de dix jours dans les centres de refugiés. C’est terrifiant, ses mots simples poignants et sa vision est tellement plus réelle que tout ce que les médias du monde entier ont pu diffuser pendant des semaines sur nos écrans télé/ordinateur.

Un blogger anonyme a traduit l’intégralité de ses articles en anglais, que vous pouvez lire en cliquant ici. J’ai traduit du japonais son 3ème article après son arrivée à Rikuzentaka, dans la préfecture de Miyagi, la zone la plus touchée par le tsunami . C’est un peu long mais prenez le temps de le lire.

Drapeaux rouges, posté le 23 mars 2011

De la boue et des montagnes de gravas restent ma toute première impression de Rikuzentakata. Cette zone a été dévasté par le tsunami. Il ne reste plus rien, même les bâtiments encore debout sont en ruines.

Un bateau de pêche planté dans le toit d’un immeuble de cinq étages recouvert de boue, je n’en croyais pas mes yeux. Et cette odeur, c’est quoi? Une forte odeur de brûlé me picotait le nez. Après, tout était très calme. On n’entendait que le bruit des informations et des hélicoptères des forces d’autodéfenses qui tournaient dans le ciel au dessus de nous.

La neige, qui continuait de tomber calmement, s’accumulait sur les montagnes de gravas mais l’horreur du paysage me faisait bien plus froid dans le dos que tout cette neige. Je pense que mes jambes tremblaient plus à cause de la peur que du froid. Alors que je gardais le silence pendant un moment, je pensais “On aurait dû venir plus tôt !”.

Avant d’aller au centre d’évacuation, on nous a fait faire un tour du quartier.

“Ici c’était la rue commerçante”

“Ici c’est la poste”

“Là c’est un bon restaurant de ramen

“Ici c’est la maison de quartier”

“Ici c’est la maternelle”

Qui ne sont plus qu’un tas de décombres maintenant.

On nous raconte qu’une vague noire de 15 mètres de haut est venue, a tout englouti sur son passage et s’est retirée. Beaucoup de gens ont été emporté alors qu’ils se préparaient à partir ou fuyaient déja en courant après avoir entendu le signal d’alerte au tsunami.

Si seulement il y avait un responsable de cette catastrophe vers qui les victimes pouvaient se tourner et déverser leur colère, mais malheureusement c’est une catastrophe naturelle, il n’y a personne à blamer.

Plusieurs fois par an, nous organisons des cérémonies religieuses pour montrer notre respect et rendre hommage à l’océan et pourtant…ça n’a pas empêcher ce désastre, raconte notre guide en pleurant.

A ce moment là, j’avais déjà les larmes aux yeux mais j’avais promis de ne pas pleurer, quoi qu’il arrive alors j’ai levé les yeux vers le ciel et regardé les nuages passés dans le ciel pour échapper à la dure réalité.

J’ai marché tout le long derrière l’homme qui nous servait de guide, les poings serrés et la tête rentrée dans les épaules. Le vent se mit à souffler et fit apparaître à mes pieds une photo couleur sépia et une carte de voeux montrant un nouveau né.

Et alors que je continuais d’avancer, à chaque nouveau pas que je faisais je voyais apparaître des drapeaux rouges plantés de tous les côtés, il y en avait tellement qu’on ne pouvait plus les compter.

“Ces drapeaux signifient qu’on a trouvé des cadavres à leur emplacement”.

Franchement, c’était dur à supporté.

Une vielle dame se tient debout immobile devant un des drapeaux. Elle doit avoir à peut près l’âge de ma grand-mère.

“Mademoiselle, l’infirmière de Tokyo, ici il y avait la maison que mon mari a construit après la guerre, de ses propres mains et à la sueur de son front. Il n’avait jamais été malade mais aujourd’hui, il est mort.”

Je suis un être humain et j’ai des émotions alors quoi qu’on nous ai dit, c’est impossible dans un moment comme celui là de ne pas pleurer. Et là, ma chef est arrivée de nul part, elle m’a attrapé par l’oreille et m’a emmené derrière une voiture. Elle m’a passé un savon. Mais rien à faire, je décidais à partir de maintenant de rester fidèle à mes sentiments et d’être moi même même si je devais me faire engueuler.

Les chaînes de télé ne filment que les scènes qui ne font pas l’objet de censure et les images étaient déjà ce qu’elles étaients… Mais j’ai vu de mes propres yeux la situation réelle, telle qu’elle est ici et je peux vous dire que c’est l’enfer.

Pendant que nous marchions à travers les ruines, les forces d’auto-défenses continuaient de dégager les tas de bois et de gravas d’où ils sortaient à coup sûr un cadavre recouvert de boue. Jamais de ma vie je n’oublierai ce que j’ai vu ici. Je pense que je ne dois pas oublier de toute façon.

On parle de tas de gravas et de morceaux de bois mais il y a encore quelques jours, c’était une partie d’un maison, des objets, les trésors de quelqu’un. Et sous eux, on découvre des corps morts, les uns après les autres. Si on passait par là au moment où les militaires priaient pour les morts, nous nous joignions à eux.

J’ai passé la première journée à courir dans tous les sens dans le centre d’évacuation, je prenais la tension des plus âgés et  offrait des consultations. J’étais tellement absorbée par mon travail que je n’ai sûrement pas beaucoup souri, ma seule impression est qu’il y avait énormément de personnes âgées. Il n’y avait toujours pas d’électricité alors je me dépêchais de voir le plus de patients possible avant que la nuit tombe, j’étais vraiment absorbée. [...]

Pendant les consultations, beaucoup de gens se plaignaient de ne pas pouvoir dormir la nuit. “Je n’arrive pas à dormir dans le gymnase”, “Je n’ai toujours pas réussi à prendre contact avec mes proches, je ne peux pas dormir”. Et beaucoup d’entre eux avaient une tension assez élevée. [...]

Les centres d’évacuation étaient plein à craquer donc évidemment il n’y avait pas de place pour nous pour dormir. La première nuit on était donc serré comme des sardines (hommes et femmes) dans un petit préfabriqué de type cabane juste à côté de la morgue.

J’étais fatiguée mais je ne pouvais pas dormir. Je regardais les photos prises avec mes amis sur mon portable, dont le réseau était hors service, relisait leurs messages et écrivait en mémo ces quelques lignes que vous lisez, tout en écoutant mon Ipod que j’avais emmené avec moi.

Je m’étais retenue de pleurer toute la journée alors je me suis enroulée dans une serviette de bain et j’ai pleuré jusqu’au matin.

To Do list

I’m alive !

Désolée pour ceux qui se sont fait du souci, non je ne suis pas morte. Il faut dire qu’entre tremblements de terre, tsunami et explosions nucléaires, les deux derniers mois ont été assez intenses. J’ai fait un retour en France mais me revoilà au Japon, depuis un mois.

Dans environ deux mois et demi, l’aventure s’arrête et je rentre au pays. Il y a encore tellement d’endroits où j’ai envie d’aller, des choses que je veux faire, ça risque d’être impossible mais bon… Voilà une petite liste des choses doable.

1.Faire de la plongée à Tottori

La plage Uradome, située après les dunes de Tottori, fait parti des 100 plus belles plages du Japon, récemment classée au Sanin Kaigan GEOPARK  (s’étendant sur près de 50km) pour  sa faune et sa flore exceptionnelle.

2. Aller à  Naoshima, l’île musée du Japon

Lire l’article consacré à l’île sur rue89 ici.

3.Retourner à Myajima

Une île merveilleuse au large de Hiroshima où les biches vivent en liberté, au milieu des touristes. Le temple Itsukushima est classé patrimoine mondial de l’UNESCO.

4. Aller sur l’île d’Oki

Située au large du département de Shimane (voisin de Tottori), c’est une île volcanique aux falaises vertigineuses et aux étendues luxuriantes qui vaut le détour. Voir sur google map

Je remplis donc chaque jour un peu plus les cases de mon calendrier en essayant de caser un maximum de choses avant le 27 juillet 2011. Je ne m’attarde pas plus longtemps sur ce post, le prochain est déja en préparation.

Je me suis trouvée  une nouvelle passion aux Philippines : la plongée sous marine !
Je n’y connaissais rien à tous ces organismes de plongée, alors j’ai commencé à chercher ce que c’était cette histoire de PADI open water Certification card mentionné dans les détails de mon voyage.
PADI pour Professional Association of Diving Instrutors. Un des organismes de formation de plongée sous marine les plus reconnus dans le monde (avec NAUI 2e organisation la plus connue et plus ancienne)
La base : la formation Open Water Diver (équivalent du niveau 1 de plongée de la FFESS, Fédération Française d’Etudes et de Sport Sous-marin), permettant de plonger jusqu’à 18m avec un autre plongeur du même niveau ou plus élevé.
Ce qu’on apprend ?
Un manuel de 200 pages détaillent tout le contenu de la formation qui peut être concentrée en 2 jours :
- Présentation du matériel d’équipement
- Préparation et entretien
- Connaissances sur la mer, les courants, ect
- Règles de sécurité
- Exercices de plongée en milieu protégé (piscine)
- Exercices de plongée en milieu naturel (mer)
Mon cours à été assez expéditif (pour les touristes qui ont pas le temps de s’enfermer dans une salle pendant 8 heures pour revoir ce qu’il y a écrit dans le manuel) mais tout s’est bien passé puisque que j’avais soigneusement lu tout le manuel avant d’arriver aux Philippines.
Du coup dès le premier jour, après une matinée dans la piscine à apprendre les bases, 1ère plongée à 5m dans l’océan. L’eau est à 28°c, pas de vent, pas de courant, le soleil brille, il ne pouvait pas y avoir de meilleures conditions. On descend, on décompresse les oreilles, tout est ok… Jusqu’à ce qu’une fois à genoux sur le sable au fond le moniteur me demande d’enlever mon masque et de le remettre, même exercice que dans la piscine réussi le matin même.
Toute cette communication avec les mains bien sûr. Je commence à m’exécuter mais panique dès que je sens l’eau rentrer en contact avec mon nez. Je souffle un coup par le nez, dégage l’eau et communique que je peux pas le faire là. Le moniteur ne comprend pas pourquoi je bloque puisque j’avais réussi dans la piscine alors il me tend son ardoise pour que j’explique.
Vous pouvez maintenant m’imaginer sous l’eau sur un banc de sable à 5 mètres de profondeur en train d’écrire en  japonais sur une ardoise magique “désolée, pas possible, je suis en panique” (ah oui parce que le moniteur est japonais!). Ouf il comprend et m’écrit “ok on fait demain”. Je réponds “ok” mais pense que demain c’est la plongée à 18m alors j’espère qu’il me fera pas ça !!
Avec le contrôle de la flottabilité par la respiration, l’exercice du masque est ce qu’il y a de plus difficile à maîtriser dans les cours Open Water Diver, le reste c’est pas bien compliqué si on se sent bien dans l’eau. La plongée c’est que du bonheur, je ne regarderai plus les vieilles émissions de Cousteau comme avant.
Bref, le jour suivant on part en bateau pour deux plongée à 18 mètres dans un sanctuaire sous- marin, Hiltongan. Le moniteur nous prévient qu’il y aura dix fois plus de poissons que l’endroit précédent et que le tombant sur lequel on plonge est magnifique. J’ai emporté mon appareil photo numérique dans une pochette waterproof exprès pour prendre des photos sous l’eau (jusqu’à dix mètres), aperçu :

Fish feeding

J'arrive !

les poissons et les coraux

18 mètres de profondeur ça paraît effrayant mais non, on y est très vite. Dans l’immensité bleue marine du monde de Némo, les battements de coeur ralentissent, la respiration se fait plus lente et régulière, les bancs de bulles remontent gracieusement vers la lumière, tout devient naturel et étonnamment rassurant. Aucun plongeur ne pourra dire le contraire, l’air qu’on respire sous les eaux est riche en cocaïne. Attention addiction.

Les Philippines

Après  un mois de janvier absolument horrible, de la neige  un jour sur deux, une température moyenne de 5°c dans mon salon au réveil, et un taux d’ensoleillement au plus bas, ce n’était plus possible… Un dimanche gris et froid j’ai ouvert le Macbook, cliqué SAFARI, GOOGLé “agence voyage tours Asie sud” (en japonais) et c’était parti.

En étant en Asie c’est assez facile d’aller chercher le soleil en hiver. Malaisie, Philippines, Indonésie, Thaïlande il y a l’embarras du choix à quelques heures d’avion… Et hors période de vacances scolaire c’est pas bien cher.

Allez ce sera les Philippines, île de Cebu (jamais entendu parler avant). Avion + hôtel 5nuits/6jours + brevet de plongée PADI tout compris pour la modique somme de 54 000 yen (500 €)

 

Vue de la chambre d'hôtel

Osaka, le 15 février. G et moi nous envolons pour Cebu (escale à Manille). Aucun de nous n’avions l’intention d’aller un jour aux Philippines mais nous y voilà. Après 5h30 d’avion et moins 1h sur la montre, vive l’été ! A nous les shorts, les debardeurs, les lunettes de soleil, la plage et la plongée !

Mais alors qu’on traversait l’île de Mactan pour rejoindre notre hôtel à Lapu Lapu city dans le vanne de l’hôtel on découvre  ébahis, la pauvreté dans laquelle vivent les locaux. De longues avenues de bidonvilles semées par deux ou trois grandes propriétés luxueuses, une académie du film (?) des enfants par centaines, tous en tongues, qui marchent à côté des chiens de rue , des chèvres et des coqs. Les gens vivent sous des abris en férailles, sans porte ni fenêtre. Je savais que c’était pauvre, mais sûrement pas à ce point là. C’était comme se retrouver dans un de ses reportages TV au Vietnam sauf qu’on était en vacances, aux Philippines.

Sur le coup, je me suis sentie mal. Je sais que c’est parce que c’était la première fois que je mettais les pieds dans un pays “pauvre”, ce dont je n’ai pris conscience qu’une fois sur place. Honnêtement, qu’est ce que vous y connaissez  vous aux Philippines?

Voici quelques trucs qu’il est bon de savoir sur ce pays étonnant :

♥ D’abord, 90% de la population parle anglais ! C’est génial pour nous touristes de pouvoir communiquer avec tout le monde et d’arriver à se faire comprendre.

♥ C’est sur l’île de Cebu que Ferdinand Magellan est arrivé aux Philippines en 1521 pour coloniser et convertir les philippins au christianisme. La croix de Magellan en est le symbole. Deux siècles plus tard, les espagnols font construire le Fort San Pedro pour protéger l’île des musulmans.

Le fort San Pedro

Ma croix de Magellan

La croix de Magellan

 

 

 

 

 

 

♥ Extrêmement croyants, les philippins continuent de se rendre à la plus vieille église de l’île située à Cebu, la basilique Santo Nino construite en 1565 par les espagnols.

 

Basilique Santo Nino

♥ Les gens sont adorables ! Si loin du comportement des japonais avec les étrangers… Ils sourient et parlent sans problèmes. Pas le temps de demander notre chemin qu’ils nous guident déjà.

Une des raisons pour lesquelles je voyage (à part fuire l’hiver) c’est parce que j’aime les surprises ! Et aux Philippines, il y en a eu…

♣Les multicab

Les routes ressemblent plus à des chemins de terres qu’à de vraies routes, recouvertes de poussière sur lesquelles roulent ces centaines de camionettes muticolores transportant des dizaines de philippins… Toutes tunées  style bollywood, ces “multicab” assurent le rôle des transports en commun. 7 pesos le trajet (100 pesos = 1,50€, je vous laisse faire le calcul).

 

Un multicab

♣ Les chiens et les coqs font parti de la population.

♣ Le riz à l’ananas. Trop bon!

♣ Massage à l’huile corps 45 min 550 pesos (8€?!)

♣ Beaucoup de Coréens immigrés, les phillipins les détestent.

♣ Température de l’air 30°c, température de l’eau 28°c.

♣ Des mini boulangeries tous les 50 mètres ! (alors qu’ici c’est la pénurie de pain…)

 

Encore beaucoup d’autres choses à raconter, suite dans le prochain post !

 

 

 

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