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Ne pleure pas


「絶対泣かない」(zettai nakanai), » surtout, ne pleure pas ».

Ce sont les directives donnés aux équipes médicales envoyées dans les centres d’évacuation de la zone sinistrée après la catastrophe du 11 mars 2011.

Une jeune infirmière Tokyoïte raconte sur son blog son expérience de dix jours dans les centres de refugiés. C’est terrifiant, ses mots simples poignants et sa vision est tellement plus réelle que tout ce que les médias du monde entier ont pu diffuser pendant des semaines sur nos écrans télé/ordinateur.

Un blogger anonyme a traduit l’intégralité de ses articles en anglais, que vous pouvez lire en cliquant ici. J’ai traduit du japonais son 3ème article après son arrivée à Rikuzentaka, dans la préfecture de Miyagi, la zone la plus touchée par le tsunami . C’est un peu long mais prenez le temps de le lire.

Drapeaux rouges, posté le 23 mars 2011

De la boue et des montagnes de gravas restent ma toute première impression de Rikuzentakata. Cette zone a été dévasté par le tsunami. Il ne reste plus rien, même les bâtiments encore debout sont en ruines.

Un bateau de pêche planté dans le toit d’un immeuble de cinq étages recouvert de boue, je n’en croyais pas mes yeux. Et cette odeur, c’est quoi? Une forte odeur de brûlé me picotait le nez. Après, tout était très calme. On n’entendait que le bruit des informations et des hélicoptères des forces d’autodéfenses qui tournaient dans le ciel au dessus de nous.

La neige, qui continuait de tomber calmement, s’accumulait sur les montagnes de gravas mais l’horreur du paysage me faisait bien plus froid dans le dos que tout cette neige. Je pense que mes jambes tremblaient plus à cause de la peur que du froid. Alors que je gardais le silence pendant un moment, je pensais « On aurait dû venir plus tôt ! ».

Avant d’aller au centre d’évacuation, on nous a fait faire un tour du quartier.

« Ici c’était la rue commerçante »

« Ici c’est la poste »

« Là c’est un bon restaurant de ramen« 

« Ici c’est la maison de quartier »

« Ici c’est la maternelle »

Qui ne sont plus qu’un tas de décombres maintenant.

On nous raconte qu’une vague noire de 15 mètres de haut est venue, a tout englouti sur son passage et s’est retirée. Beaucoup de gens ont été emporté alors qu’ils se préparaient à partir ou fuyaient déja en courant après avoir entendu le signal d’alerte au tsunami.

Si seulement il y avait un responsable de cette catastrophe vers qui les victimes pouvaient se tourner et déverser leur colère, mais malheureusement c’est une catastrophe naturelle, il n’y a personne à blamer.

Plusieurs fois par an, nous organisons des cérémonies religieuses pour montrer notre respect et rendre hommage à l’océan et pourtant…ça n’a pas empêcher ce désastre, raconte notre guide en pleurant.

A ce moment là, j’avais déjà les larmes aux yeux mais j’avais promis de ne pas pleurer, quoi qu’il arrive alors j’ai levé les yeux vers le ciel et regardé les nuages passés dans le ciel pour échapper à la dure réalité.

J’ai marché tout le long derrière l’homme qui nous servait de guide, les poings serrés et la tête rentrée dans les épaules. Le vent se mit à souffler et fit apparaître à mes pieds une photo couleur sépia et une carte de voeux montrant un nouveau né.

Et alors que je continuais d’avancer, à chaque nouveau pas que je faisais je voyais apparaître des drapeaux rouges plantés de tous les côtés, il y en avait tellement qu’on ne pouvait plus les compter.

« Ces drapeaux signifient qu’on a trouvé des cadavres à leur emplacement ».

Franchement, c’était dur à supporté.

Une vielle dame se tient debout immobile devant un des drapeaux. Elle doit avoir à peut près l’âge de ma grand-mère.

« Mademoiselle, l’infirmière de Tokyo, ici il y avait la maison que mon mari a construit après la guerre, de ses propres mains et à la sueur de son front. Il n’avait jamais été malade mais aujourd’hui, il est mort. »

Je suis un être humain et j’ai des émotions alors quoi qu’on nous ai dit, c’est impossible dans un moment comme celui là de ne pas pleurer. Et là, ma chef est arrivée de nul part, elle m’a attrapé par l’oreille et m’a emmené derrière une voiture. Elle m’a passé un savon. Mais rien à faire, je décidais à partir de maintenant de rester fidèle à mes sentiments et d’être moi même même si je devais me faire engueuler.

Les chaînes de télé ne filment que les scènes qui ne font pas l’objet de censure et les images étaient déjà ce qu’elles étaients… Mais j’ai vu de mes propres yeux la situation réelle, telle qu’elle est ici et je peux vous dire que c’est l’enfer.

Pendant que nous marchions à travers les ruines, les forces d’auto-défenses continuaient de dégager les tas de bois et de gravas d’où ils sortaient à coup sûr un cadavre recouvert de boue. Jamais de ma vie je n’oublierai ce que j’ai vu ici. Je pense que je ne dois pas oublier de toute façon.

On parle de tas de gravas et de morceaux de bois mais il y a encore quelques jours, c’était une partie d’un maison, des objets, les trésors de quelqu’un. Et sous eux, on découvre des corps morts, les uns après les autres. Si on passait par là au moment où les militaires priaient pour les morts, nous nous joignions à eux.

J’ai passé la première journée à courir dans tous les sens dans le centre d’évacuation, je prenais la tension des plus âgés et  offrait des consultations. J’étais tellement absorbée par mon travail que je n’ai sûrement pas beaucoup souri, ma seule impression est qu’il y avait énormément de personnes âgées. Il n’y avait toujours pas d’électricité alors je me dépêchais de voir le plus de patients possible avant que la nuit tombe, j’étais vraiment absorbée. […]

Pendant les consultations, beaucoup de gens se plaignaient de ne pas pouvoir dormir la nuit. « Je n’arrive pas à dormir dans le gymnase », « Je n’ai toujours pas réussi à prendre contact avec mes proches, je ne peux pas dormir ». Et beaucoup d’entre eux avaient une tension assez élevée. […]

Les centres d’évacuation étaient plein à craquer donc évidemment il n’y avait pas de place pour nous pour dormir. La première nuit on était donc serré comme des sardines (hommes et femmes) dans un petit préfabriqué de type cabane juste à côté de la morgue.

J’étais fatiguée mais je ne pouvais pas dormir. Je regardais les photos prises avec mes amis sur mon portable, dont le réseau était hors service, relisait leurs messages et écrivait en mémo ces quelques lignes que vous lisez, tout en écoutant mon Ipod que j’avais emmené avec moi.

Je m’étais retenue de pleurer toute la journée alors je me suis enroulée dans une serviette de bain et j’ai pleuré jusqu’au matin.

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To Do list


I’m alive !

Désolée pour ceux qui se sont fait du souci, non je ne suis pas morte. Il faut dire qu’entre tremblements de terre, tsunami et explosions nucléaires, les deux derniers mois ont été assez intenses. J’ai fait un retour en France mais me revoilà au Japon, depuis un mois.

Dans environ deux mois et demi, l’aventure s’arrête et je rentre au pays. Il y a encore tellement d’endroits où j’ai envie d’aller, des choses que je veux faire, ça risque d’être impossible mais bon… Voilà une petite liste des choses doable.

1.Faire de la plongée à Tottori

La plage Uradome, située après les dunes de Tottori, fait parti des 100 plus belles plages du Japon, récemment classée au Sanin Kaigan GEOPARK  (s’étendant sur près de 50km) pour  sa faune et sa flore exceptionnelle.

2. Aller à  Naoshima, l’île musée du Japon

Lire l’article consacré à l’île sur rue89 ici.

3.Retourner à Myajima

Une île merveilleuse au large de Hiroshima où les biches vivent en liberté, au milieu des touristes. Le temple Itsukushima est classé patrimoine mondial de l’UNESCO.

4. Aller sur l’île d’Oki

Située au large du département de Shimane (voisin de Tottori), c’est une île volcanique aux falaises vertigineuses et aux étendues luxuriantes qui vaut le détour. Voir sur google map

Je remplis donc chaque jour un peu plus les cases de mon calendrier en essayant de caser un maximum de choses avant le 27 juillet 2011. Je ne m’attarde pas plus longtemps sur ce post, le prochain est déja en préparation.


Je me suis trouvée  une nouvelle passion aux Philippines : la plongée sous marine !
Je n’y connaissais rien à tous ces organismes de plongée, alors j’ai commencé à chercher ce que c’était cette histoire de PADI open water Certification card mentionné dans les détails de mon voyage.
PADI pour Professional Association of Diving Instrutors. Un des organismes de formation de plongée sous marine les plus reconnus dans le monde (avec NAUI 2e organisation la plus connue et plus ancienne)
La base : la formation Open Water Diver (équivalent du niveau 1 de plongée de la FFESS, Fédération Française d’Etudes et de Sport Sous-marin), permettant de plonger jusqu’à 18m avec un autre plongeur du même niveau ou plus élevé.
Ce qu’on apprend ?
Un manuel de 200 pages détaillent tout le contenu de la formation qui peut être concentrée en 2 jours :
– Présentation du matériel d’équipement
– Préparation et entretien
– Connaissances sur la mer, les courants, ect
– Règles de sécurité
– Exercices de plongée en milieu protégé (piscine)
– Exercices de plongée en milieu naturel (mer)
Mon cours à été assez expéditif (pour les touristes qui ont pas le temps de s’enfermer dans une salle pendant 8 heures pour revoir ce qu’il y a écrit dans le manuel) mais tout s’est bien passé puisque que j’avais soigneusement lu tout le manuel avant d’arriver aux Philippines.
Du coup dès le premier jour, après une matinée dans la piscine à apprendre les bases, 1ère plongée à 5m dans l’océan. L’eau est à 28°c, pas de vent, pas de courant, le soleil brille, il ne pouvait pas y avoir de meilleures conditions. On descend, on décompresse les oreilles, tout est ok… Jusqu’à ce qu’une fois à genoux sur le sable au fond le moniteur me demande d’enlever mon masque et de le remettre, même exercice que dans la piscine réussi le matin même.
Toute cette communication avec les mains bien sûr. Je commence à m’exécuter mais panique dès que je sens l’eau rentrer en contact avec mon nez. Je souffle un coup par le nez, dégage l’eau et communique que je peux pas le faire là. Le moniteur ne comprend pas pourquoi je bloque puisque j’avais réussi dans la piscine alors il me tend son ardoise pour que j’explique.
Vous pouvez maintenant m’imaginer sous l’eau sur un banc de sable à 5 mètres de profondeur en train d’écrire en  japonais sur une ardoise magique « désolée, pas possible, je suis en panique » (ah oui parce que le moniteur est japonais!). Ouf il comprend et m’écrit « ok on fait demain ». Je réponds « ok » mais pense que demain c’est la plongée à 18m alors j’espère qu’il me fera pas ça !!
Avec le contrôle de la flottabilité par la respiration, l’exercice du masque est ce qu’il y a de plus difficile à maîtriser dans les cours Open Water Diver, le reste c’est pas bien compliqué si on se sent bien dans l’eau. La plongée c’est que du bonheur, je ne regarderai plus les vieilles émissions de Cousteau comme avant.
Bref, le jour suivant on part en bateau pour deux plongée à 18 mètres dans un sanctuaire sous- marin, Hiltongan. Le moniteur nous prévient qu’il y aura dix fois plus de poissons que l’endroit précédent et que le tombant sur lequel on plonge est magnifique. J’ai emporté mon appareil photo numérique dans une pochette waterproof exprès pour prendre des photos sous l’eau (jusqu’à dix mètres), aperçu :

Fish feeding

J'arrive !

les poissons et les coraux

18 mètres de profondeur ça paraît effrayant mais non, on y est très vite. Dans l’immensité bleue marine du monde de Némo, les battements de coeur ralentissent, la respiration se fait plus lente et régulière, les bancs de bulles remontent gracieusement vers la lumière, tout devient naturel et étonnamment rassurant. Aucun plongeur ne pourra dire le contraire, l’air qu’on respire sous les eaux est riche en cocaïne. Attention addiction.

Les Philippines


Après  un mois de janvier absolument horrible, de la neige  un jour sur deux, une température moyenne de 5°c dans mon salon au réveil, et un taux d’ensoleillement au plus bas, ce n’était plus possible… Un dimanche gris et froid j’ai ouvert le Macbook, cliqué SAFARI, GOOGLé « agence voyage tours Asie sud » (en japonais) et c’était parti.

En étant en Asie c’est assez facile d’aller chercher le soleil en hiver. Malaisie, Philippines, Indonésie, Thaïlande il y a l’embarras du choix à quelques heures d’avion… Et hors période de vacances scolaire c’est pas bien cher.

Allez ce sera les Philippines, île de Cebu (jamais entendu parler avant). Avion + hôtel 5nuits/6jours + brevet de plongée PADI tout compris pour la modique somme de 54 000 yen (500 €)

 

Vue de la chambre d'hôtel

Osaka, le 15 février. G et moi nous envolons pour Cebu (escale à Manille). Aucun de nous n’avions l’intention d’aller un jour aux Philippines mais nous y voilà. Après 5h30 d’avion et moins 1h sur la montre, vive l’été ! A nous les shorts, les debardeurs, les lunettes de soleil, la plage et la plongée !

Mais alors qu’on traversait l’île de Mactan pour rejoindre notre hôtel à Lapu Lapu city dans le vanne de l’hôtel on découvre  ébahis, la pauvreté dans laquelle vivent les locaux. De longues avenues de bidonvilles semées par deux ou trois grandes propriétés luxueuses, une académie du film (?) des enfants par centaines, tous en tongues, qui marchent à côté des chiens de rue , des chèvres et des coqs. Les gens vivent sous des abris en férailles, sans porte ni fenêtre. Je savais que c’était pauvre, mais sûrement pas à ce point là. C’était comme se retrouver dans un de ses reportages TV au Vietnam sauf qu’on était en vacances, aux Philippines.

Sur le coup, je me suis sentie mal. Je sais que c’est parce que c’était la première fois que je mettais les pieds dans un pays « pauvre », ce dont je n’ai pris conscience qu’une fois sur place. Honnêtement, qu’est ce que vous y connaissez  vous aux Philippines?

Voici quelques trucs qu’il est bon de savoir sur ce pays étonnant :

♥ D’abord, 90% de la population parle anglais ! C’est génial pour nous touristes de pouvoir communiquer avec tout le monde et d’arriver à se faire comprendre.

♥ C’est sur l’île de Cebu que Ferdinand Magellan est arrivé aux Philippines en 1521 pour coloniser et convertir les philippins au christianisme. La croix de Magellan en est le symbole. Deux siècles plus tard, les espagnols font construire le Fort San Pedro pour protéger l’île des musulmans.

Le fort San Pedro

Ma croix de Magellan

La croix de Magellan

 

 

 

 

 

 

♥ Extrêmement croyants, les philippins continuent de se rendre à la plus vieille église de l’île située à Cebu, la basilique Santo Nino construite en 1565 par les espagnols.

 

Basilique Santo Nino

♥ Les gens sont adorables ! Si loin du comportement des japonais avec les étrangers… Ils sourient et parlent sans problèmes. Pas le temps de demander notre chemin qu’ils nous guident déjà.

Une des raisons pour lesquelles je voyage (à part fuire l’hiver) c’est parce que j’aime les surprises ! Et aux Philippines, il y en a eu…

♣Les multicab

Les routes ressemblent plus à des chemins de terres qu’à de vraies routes, recouvertes de poussière sur lesquelles roulent ces centaines de camionettes muticolores transportant des dizaines de philippins… Toutes tunées  style bollywood, ces « multicab » assurent le rôle des transports en commun. 7 pesos le trajet (100 pesos = 1,50€, je vous laisse faire le calcul).

 

Un multicab

♣ Les chiens et les coqs font parti de la population.

♣ Le riz à l’ananas. Trop bon!

♣ Massage à l’huile corps 45 min 550 pesos (8€?!)

♣ Beaucoup de Coréens immigrés, les phillipins les détestent.

♣ Température de l’air 30°c, température de l’eau 28°c.

♣ Des mini boulangeries tous les 50 mètres ! (alors qu’ici c’est la pénurie de pain…)

 

Encore beaucoup d’autres choses à raconter, suite dans le prochain post !

 

 

 


Nous revoilà lancé sur le thème du couple au Japon !  Dans la première partie, j’ai surtout parler du comportement des hommes au sein du couple japonais en délaissant (un peu trop) le rôle de la femme/mère/épouse qui est pourtant majeur. Je me suis aussi basée en grande partie sur mes connaissances personnelles et mes expériences. Je vais donc essayer de rajouter quelques pièces au puzzle qu’est cette relation de couple qu’entretiennent un grand nombre d’hommes et femmes au Japon.

Tout d’abord un fait irrévocable : une fois mariée et un enfant, nombreuses sont les femmes japonaises qui s’éloignent de la relation de couple et qui la font basculer (insconsciemment ou non) vers une relation plus platonique voire amicale. Une enquête menée auprès de 100 lectrices du magazine  japonais VERY, dont la moyenne d’âge est de 30 ans, met le doigt sur un des fléau du couple, la sexualité.

 

Q1 : A quelle fréquence avez-vous des rapports sexuels avec votre mari?

1 fois tous les 2-3 mois   60%

1 fois tous les 6 mois      11%

1 fois par an                    10%

Autre                                 19%

 

Q2. Considérez vous la sexualité absente de votre couple?

Oui  83%

Non 17%

 

Q3. Quel est selon vous la cause de cette situation dans le couple?

1. Nous sommes trop focalisés sur les enfants.(nous dormons avec les enfants tous dans le même lit, je vais me coucher avec les enfants avant mon mari, on est gêné par la présence des enfants)

2.Mon mari travaille beaucoup, il est trop fatigué le soir quand il rentre.(Son sommeil prend le dessus sur sa libido, il rentre trop tard)

3.Je ne vois plus mon mari que comme un membre de ma famille (je ne le vois plus comme un homme mais comme le père de mes enfants et mon partenaire de vie, il est juste le lien avec mes enfants.)

 

C’est ici clair, sexualité = procréation et survie  pour les japonaises et une fois la progéniture là, ça passe au second plan ou direct au placard. Elles semblent être conscientes que cette absence de relation est quelque part nuisible et qu’elles devraient y remédier mais ne savent pas comment s’y prendre ni quoi faire, avec parfois des excuses plus ou moins valables…

 

Q4. Voudriez vous remédier à cette absence de relation sexuelle ou vous sentez-vous satisfaite ainsi?

Je voudrais y remédier    88%

(raisons: je suis triste qu’il ne me voit plus comme une femme, j’aimerais moi aussi pouvoir le revoir comme un homme à part entière. J’ai peur qu’il finisse par me tromper, si on n’y remédie pas, on aura pas de 2ème enfant.)

Je suis bien ainsi              12%

 

Q5. Que faudrait-il faire, d’après vous, pour y remédier?

1. Arrêter de dormir avec les enfants et avoir une chambre rien qu’à nous.

2.Faire garder les enfants et avoir des moments rien qu’à nous.

3.Ne pas refuser un moment intime même si je ne suis pas d’humeur.

 

Evidemment ce sondage ne parle pas  pour l’intégralité des femmes japonaises, qui sont un sujet à elles seules. Il y a la femme soumise, la femme enfant, la femme déterminée, la femme libérée, la femme geek, la femme Louis Vuitton… Elles sont toutes bien différentes et évoluent dans des milieux aussi reculés que ma campagne de Misasa ou dans des grandes villes comme à Tokyo, la méga city ! Pour ceux que ça intéresse, deux françaises ayant vécu à Tokyo ont écrit un livre sur la vie des femmes japonaises (de Tokyo) qui est un vrai bonheur et décrit très bien la réalité avec beaucoup d’humour et de justesse.

Tokyo Sister, dans l’intimité des femmes japonaises.                                     Ce livre a enfin résolu le mystère de l’épilation du maillot chez les japonaises ! Non, la japonaise ne s’épile pas la zone pubienne (c’est assez frappant quand on fréquente des Onsen, les spa japonais) car c’est apparemment associé à la prostitution voire pire, à la maladie ! Ce fut un très grand moment pour moi.

Je dérive trop là. Il faut aussi savoir que le Japon est très peu développé lorsqu’il s’agit d’éducation sexuelle et des moyens de contraceptions. Un peu difficile à croire que le sexe est un tabou vu la quantité de littératures pornographiques (sous forme de manga très souvent) qui ornent les bacs dans les librairies. Mais très très peu de femmes prennent la pillule (arrivée au Japon en 1999 n’est pas du tout démocratisée) et le sida se répand car il y a très peu de prévention contre les MST et l’utilisation du préservatif n’est pas du tout une priorité pour le gouvernement et donc pour le peuple japonais.

Les mamans et épouses japonaises ont quand même beaucoup de mérite et généralement bonne réputation, il faut l’avouer. Elles sacrifient beaucoup plus que les mères européennes pour leur enfant, pour leur couple qui passent avant tout. Je ne dis pas que c’est la solution mais c’est entrain de changer. On verra en 2050, peut être que les japonais se marieront et divorceront aussi vite que les américains?!

 

 

2011 Ake Ome !


Bonne Année à tous mes lecteurs !

あけましておめでとうございます。

Akemashite Omedeto gozaimasu (ou bien Ake Ome, pour aller plus vite)

Vous avez été nombreux à me suivre en 2010, merci pour votre soutien et vos commentaires.  J’entame mes 7 derniers mois à Misasa après quoi le blog s’arrêtera naturellement avec la fin de mon aventure.

La une

Alors que j’étais en France pendant les fêtes (qui me semblent maintenant comme une série de bons repas ininterrompus et de course à la montre pour voir tout le monde), Tottori s’est enneigé. Mais attention, cette année c’est pas de la nioniotte. Notre petit département a fait la une au Japon en ce début 2011 pour ses chutes de neige, avec plus de 80 cm tombé en un jour et des véhicules bloqués 42 heures sur la route 9 le jour de l’an. Il y  a aussi eu des morts sous une avalanche. Bref, du jamais vu depuis 1940 !

Le retour…

Alors hier quand j’ai débarqué de ma douce France dans ce Yukiguni ça n’a pas été facile… La neige n’a pratiquement pas fondue même si les routes sont plutôt bien dégagées, elles sont bordées par un mètre de neige sur les côtés et ma place de parking à moi était recouverte d’une couverture blanche épaisse de 70 cm (au moins!).  Donc à mon arrivée en voiture à 21h, avant même de monter mes valises, j’ai enfilé mes boots et pris la pelle pour déneiger ma place (sympa comme activité nocturne après un voyage de 24h).

…à l’âge de glace

Dans mon appart’, la thermomètre affichait 4°c et ma plante que j’avais mis devant la baie vitrée pour qu’elle prenne le soleil pendant que j’étais partie fait bien la gueule ! Ce con ne s’est pas du tout pointé apparemment. Et dire que ça va être comme ça pendant au moins un mois, ça va être génial la vie en Igloo !

Par contre on va pouvoir aller skier, ça c’est cool ! Allez je vous laisse avec quelques photos de mon pays de neige et plus à voir ici.

 


Dès mon premier séjour au Japon, j’avais été frappée par le comportement des couples et plus généralement des relations hommes/femmes (en passant par tous les âges) dans la société japonaise. En 2005, j’ai eu la chance d’être plongée dans l’univers des adolescentes japonaises de la banlieue de Tokyo et de découvrir leurs plus intimes pensées et secrets. Depuis mon come back en 2009 dans une région rurale, je cotoie des jeunes adultes, les couples mariés et les « tanguy » ces célibataires désespérés vivant encore chez leurs parents à 40 ans. Sans oublier, les enfants de 4 à 12 ans avec lesquels je joue toutes les semaines.

Je me posais tellement de questions. Pourquoi les couples ont ils l’air si gêné d’être un couple? Pourquoi on dirait qu’ils ne s’aiment pas? Pourquoi ils dorment dans des lits séparés? Pourquoi les jeunes réagissent de façon si excessive dès qu’ils voient un vrai couple (qui se tient la main ou s’embrasse en publique)? Pourquoi ils ne sont pas affectifs? Ces dernières semaines, j’ai enfin réuni les dernières pièces du puzzle afin de répondre à mes questions.

Tout commence lorsque les jeunes mariés, vivant encore sur un petit nuage, apprennent l’arrivée d’un nouveau membre dans la famille. 9 mois plus tard, l’épouse devient aussi une mère. Dans la plupart des cas, elle arrête de travailler pour se consacrer à son enfant et accumule un autre titre, celui de mère au foyer. Le père lui, continue de travailler et ainsi se déroule la vie de milliers de couples japonais. De ce point de vue là, la situation n’a pas l’air si catastrophique. Puis j’ai eu quelques conversations inattendues avec plusieurs hommes mariés, pères de famille. Voici deux des témoignages d’après des notes que j’ai prises.

Homme 1, 32 ans, 2 enfants (5 et 1 ans), employé de mairie

Moi : Qu’est ce que vous faites le soir en rentrant chez vous?

Homme 1 : »Quand je rentre le soir souvent c’est trop tard, mes enfants ont déjà diné et ils sont au lit. Ma femme elle finit de s’occuper des tâches ménagères et moi je mange ma part de diner posé sur la table. « 

Moi : Et ensuite vous discutez un peu avec votre femme ou allez directement vous coucher?

Homme 1: « En général je regarde un peu la télé, puis je prends un bain et me couche. Ma femme dort dans la chambre avec les enfants au 2è, donc non on n’a pas trop le temps de parler. moi je dors dans la chambre près du salon au rez de chaussée.

Moi: ….(oh my god…) Vous ne vous sentez pas seul?  Ca ne vous dérange pas cette situation?

Homme 1 : « Ben si oui (air gêné) mais bon ma fille la grande a toujours dormi avec sa mère et si elle n’est pas avec elle, elle ne dort pas.

Moi : Mais donc ça fait combien de temps  que ça dure cette situation?

Homme 1 : bientôt 5 ans, depuis que ma fille aînée est née.

 

Inutile de vous dire la peine que j’ai ressentie pour lui. S’agissant peut être d’un cas isolé, je me suis arrêtée là.

 

Homme 2, 40 ans, 3 enfants (14, 12 et 7 ans), kinésithérapeute

Moi : (…) J’aime les futons, ça ne me dérange pas de pas dormir dans un lit.

Homme 2 : moi c’est le contraire, mais je ne dors plus que sur des futons. C’est ma femme et les enfants qui dorment dans le lit.

Moi : Ah bon, mais comment ça se fait ?

Homme 2 : Depuis qu’on a des enfants, vous savez au début la mère dort avec eux et puis avec le temps on laisse la situation comme elle est. Mon fils a commencé à dormir seul dans sa chambre tout récemment…

Moi : Mais votre fils est au collège non?

Homme 2 : oui, et maintenant il y a les 2 dernières encore avec ma femme dans le lit.

Moi : Ca fait donc plus de dix ans que ça dure, vous ne dites rien?

Homme 2 : je ne vois pas trop  ce que je peux dire ou faire, maintenant c’est trop tard. Mais je sais que c’est pas comme ça chez vous, je le vois dans les films américains. Les enfants dorment dans leurs chambres et les parents dans un grand lit dans une autre pièce.

Moi : Euh oui, oui c’est bien ça. (complètement abasourdie) Vous trouvez ça normal vous cette situation?

Homme 2 : Pas vraiment , mais bon c’est pour tout le monde pareil ici…

Voilà, je crois qu’il a tout dit. Ces cas de couples décomposés sont loin d’être des cas isolés et pas besoin de mener une enquête de grande envergure pour le savoir. C’est le genre de choses communément connues ici, dont personne ne parle mais que dont tout le monde sait (sauf nous occidentaux). A partir de celà, voici les autres mystères qu’on élucide :

Les Heures sup’

Ce n’est plus si étonnant que les hommes japonais soient nombreux à rester tard au travail le soir. Si personne ne les attends pour manger, pour discuter ni pour partager un lit et un moment de réconfort, pas besoin de se presser ! Après tout ils sont pas si mal lotis au boulot.

C’est quoi l’amour?

Plus très surprenant non plus que les enfants et les ados aient les yeux écarquillés quand ils voient un couple heureux passé devant eux. Car pour nombre d’entre eux, ce n’est pas à la maison qu’ils ont vu et ressenti ce qu’est l’affection et l’amour homme/femme…

La frustration

Même le plus introverti et patient des japonais ne pourrait se contenter d’une vie de couple si pitoyable et insatisfaisante. Ce scénario réel de la vie quotidienne de milliers de couple est un générateur de frustration indéniable qui se répercute dans différents domaines et périodes de la vie.

La soumission

Ce qui m’a frappé à travers les conversations que j’ai eues, particulièrement avec les pères, c’est à quel point ils sont résignés et soumis à cette situation. Ils se sont vu imposé celà par leur femme et à aucun moment n’ont essayé de retourner la situation et remettre chacun à sa place, ou plutôt dans son lit. Les mères elles soutiennent le fait qu’il faut se sacrifier pour son enfant, quoi qu’il en coûte, et ce jusqu’à ce qu’ils soient indépendant.

La réflexion continue, à lire prochainement dans le prochain post.

 

 

 

 

 

 

 

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